samedi 31 août 2013

Parque da Catacumba


Cet après-midi j'ai fait un tour dans un parc pas loin de chez moi, le parque da Catacumba. Ce morro idéalement situé surplombe la lagune Rodrigo de Freitas. De quoi admirer de beaux panoramas.








Autrefois, il abritait la favela da Catacumba. Des esclaves appartenant à la Baronne propriétaire des lieux s'étaient installés sur ces terres, délaissées après la mort de celle-ci. Ils ont été suivis par des immigrés du Maranhão. 

Mais en 1970, le maire de Rio Carlos Lacerda (célèbre pour avoir appuyé le coup d'état militaire qui, par la suite, le condamnera à l'exil) décide de raser les 1500 maisons et expulser ses quelques 10 000 habitants pour vendre le terrain aux plus offrants. Cela a permis de construire les magnifiques immeubles de luxe qui bordent le parc et s'étendent tout autour de la lagune.

Les habitants furent chassés, puis relogés dans des favelas lointaines de la zone ouest (Cidade de Deus, Vila Kenedy), à plusieurs heures de bus de leurs lieux de travail. Un bel exemple de justice sociale à la brésilienne.

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Aujourd'hui, le parc municipal a fait l'objet d'un reboisement avec des essences endémiques de la Mata Atlántica, il abrite également des sculptures amusantes et un parc d'aventure - genre acrobranches. De quoi charmer, délasser et distraire la population fortunée des alentours.






En montant en haut du morro, on a des points de vue très chouettes sur la lagune, le morro Dois Irmãos et le Corcovado : (j'ai essayé de faire un panorama avec GIMP, au bout d'une heure j'avais presque réussi, mais j'ai tout supprimé sans le vouloir...)





















lundi 12 août 2013

Férias no Maranhão (5) : Alcântara

Enfin pour terminer ces petites vacances dans le Maranhão, nous sommes allés à Alcântara, une riche petite ville coloniale tombée en décadence à la fin du XIXème siècle.

La ville appartenait aux grandes familles bourgeoises dont les affaires reposaient sur la main d'oeuvre esclave. Quand l'esclavage a été aboli, les affaires n'étaient plus rentables...

Pour aller à Alcântara, il faut prendre un catamaran de São Luis. La ville est à environ 1h30 de voyage. Il faut faire bien attention aux marées. À São Luis la mer se retire de plusieurs kilomètres, un peu comme en Normandie avec le Mont Saint Michel.

Outre les belles petites rues à l'ambiance lascive, on y trouve des pâtisseries typiques (o doce de espécie) et quelques musées sur l'histoire de la ville et son patrimoine.













Sur la fin on a eu quelques surprises désagréables. D'abord, on a eu la mauvaise idée de s'arrêter manger chez Dona Batissá, une petite vieille, ancienne danseuse, qui nous a raconté son histoire d'amour avec un français. Celui-ci lui a acheté la maison qui lui fait office de restaurant aujourd'hui.

Il existe pourtant une règle simple : Ne jamais entrer dans un restaurant vide! Surtout dans une petite ville à l'heure du déjeuner... C'était tout simplement dégueulasse! Le pire repas que j'ai jamais mangé! Et relativement cher avec ça!

Au menu : un jus de goyave vieux de plusieurs jours tout fermenté, imbuvable (alors qu'on avait demandé un jus d'acerola) ; un poisson frit bien maigre et dégoulinant d'huile ; en supplément pour Mariana, une sauce aux crevettes rachitiques beaucoup trop salée... Avec ça nous avons eu (encore) l'excellente idée d'expérimenter le riz de cuxá (une spécialité locale) : ça ressemblait aux restes de la veille mélangés en vrac : des pattes et des antennes de crevettes, des herbes bizarres tout ça mélangés à du riz réchauffé et tout sec. Vraiment dégueulasse, pas d'autres mots. Comme dit Mariana, Dona Batissá doit être une très bonne danseuse.

Là, j'avais bu le jus et je commençais à m'inquiéter pour la suite...

Ensuite, nous avons du courir jusqu'au bateau qui repartait à 13h pétantes à cause de la marée. Sauf que la marée avait déjà fait un bout de chemin. Ils nous ont donc laissé sur un banc de sable à quelques kilomètres de là où nous étions censés arriver, vers un quartier résidentiel de São Luis. On a donc dû marcher une vingtaine de minutes avant d'attraper un bus pour retourner dans la vieille ville. Sympa!




jeudi 8 août 2013

Férias no Maranhão (4) : Festas e Tradições Maranhenses



Le Maranhão détient certaines traditions culturelles et folkloriques intéressantes.

La plus célèbre est la fête du "Bumba meu boi" qui a lieu en juin pendant les festas juninhas. C'est un genre de carnaval. Les danses et les chants mettent en scène une légende. Celle de Franscisco, esclave dans une grande fazenda qui doit s'occuper du bétail. La femme de Fransisco, Catirina, est enceinte et à le désir irrépressible de manger la langue du plus beau bœuf du cheptel, Bumba.

Francisco tue le bœuf et donne la langue à sa femme, mais le maître demande où est Bumba. Francisco ment et dit qu'il est perdu dans la forêt. En allant le chercher dans la forêt comme l'ordonne le maître, Francisco tombe sur des indiens. Le chef indien, qui a des pouvoirs surnaturels, accepte de ressusciter le bœuf, et tout est bien qui finit bien.










Il y a aussi le Tambor da Crioula (tambour de la créole). Il s'agit d'une danse d'héritage africain ressemblante à d'autres traditions brésiliennes comme le Jongo ou les danses religieuses de l'Umbanda et du Candomblé. Elle peut parfois être de caractère religieux : un soir, nous avons vu un hommage à Saint Benoit (noir).
Il y a trois tambours de formes différentes. Sur le plus grand, un deuxième joueur tape sur le corps avec des baguettes. Les variations rythmiques sont très riches, ça donne quelque chose de chouette!


Avant chaque représentation, ils tendent les peaux devant un feu de bois (en pleine rue...) :







Bon, il y avait des sessions plus animées mais ça vous donne une idée...



À Barreirinhas, on a aussi assisté à la Vaquejada, grande fête anuelle. C'est du genre Rodéo pendant la journée et présentations de différents groupes le soir. Ambiance paysanne assurée. Nous avons vu des groupes de danse locaux, des groupes de Forró Eletrónico, des quadrilles (typiques des festas juninhas), etc.








Enfin, sur la plage on a vu une petite représentation de Capoeira :





lundi 5 août 2013

Férias no Maranhão (3) : Parque dos lençois




Après quelques jours à São Luis, nous avons pris le bus direction Barreirinhas, à 6h de São Luis : une petite ville perdue dans l'intérieur du pays qui se trouve être la porte d'entrée du parc national des nappes du Maranhão (lençois maranhenses).

On va dans le parc en jeep, il se trouve de l'autre côté du fleuve Preguiças ("paresses", ou l'animal : "paresseux"), il faut donc passer un bac :



Puis après une balade en jeep d'environ une heure, on arrive dans une sorte de désert composé de nappes d'eau douce entre les dunes. C'est très chouette! Le premier jour nous sommes allés à Lagoa Bonita :










Le deuxième jour, on est allé dans une autre direction, vers Lagoa Verde. C'est aussi l'endroit oú le fleuve Preguiças se jette dans la mer :











Enfin le troisième jour, on a fait une balade en bateau sur le fleuve, bordé d'une végétation luxuriante :



Nous sommes montés en haut d'un phare, dans le petit village de pêcheur de Vassouras :

Puis retour à Barreirinhas:



Outre les superbes paysages, on y mange plein de fruits aux noms bizarres, comme le Buriti (un palmier), le Jatobá, et bien d'autres, aussi de très bon poissons. L'ambiance y est très rurale, ça change des grandes villes. Il y a aussi un artisanat et une culture locale intéressants.