Si Rio de Janeiro a des allures de paradis, l'enfer, quant à lui, ressemble à l'administration brésilienne. Et le comble de celle-ci est la Police Fédérale. Dans de nombreux pays, l'immigrant étranger est considéré comme le niveau le plus bas de l'échelle de l'humanité. Au Brésil, c'est à la Police Fédérale qu'on te rappelle que tu n'es pas le bienvenu.
Vendredi dernier, je me suis levé à 4h45 pour prendre 2 bus et rejoindre l'aéroport international : siège du département Étranger de la police fédérale. J'y retournais pour enregistrer mon visa auprés des autorités locales, après que mon dossier aie été refusé le lundi précédent... On pourrait appeler cet endroit "La maison qui rend fou", vous savez celle des 12 travaux d'Astérix. On y rentre pour une formalité, mais bientôt on est pris dans un tourbillon de démarches absurdes et finalement on en sort plus.
Les histoires de ressortissants étrangers pétant les plombs à la Police Fédérale ne manquent pas.Des amis anglais et français m'avait déjà prévenu. Se voir refuser son dossier une énième fois pour un motif absurde a de quoi énerver. Une amie m'a aussi racontée la mésaventure de cette argentine qui a eu le malheur de répondre un peu brutalement face à l'indifférence agressive des fonctionnaires. Résultat : ils lui ont annoncé que son dossier était perdu. Elle et sa famille sont restés illégaux plusieurs annés à cause de cette bravade à l'autorité.
| Une photo de l'enfer, prise discrètement pour ne pas attirer l'attention... |
Le dossier est composé d'un formulaire à remplir puis imprimer via internet , deux taxes à payer à la banque, un document du consulat de france, les photocopies de chaque pages utilisées du passeport et 2 photos 3x4cm sur fond blanc. Chaque détail à son importance. Lundi mon dossier a été refusé parce que la marge du formulaire était coupée et que, comme je n'avais pas pris rendez-vous(ce qui est presque impossible) je devais me présenter le dernier jour de mon délai d'enregistrement, à 7heures du matin.
À 6 heure 45 je prends place dans une file. Puis vers 10 heures, après un peu plus de 3 heures d'attente, je passe devant une fonctionnaire énorme à la tête de bouledogue bronzé et aux poches bleuâtres sous les yeux.
Nous passons devant la fonctionnaire par 2. En l'occurence, j'étais en compagnie d'une étudiante espagnole parlant français que j'avais rencontrée dans la file. Celle-ci à le malheur de se faire refuser son dossier. La raison invoquée : sur sa demande de visa il n'y a pas le nom de son père, par contre il apparait sur son passeport. Elle repart avec les larmes aux yeux et une liste de démarches à faire (contacter un bureau à Brasilia pour qu'ils envoient quelque chose à un autre bureau ici à Rio, etc...) . En partant elle se lâche un peu avec moi en français, devant la fonctionnaire. Machinalement, je lui répond :
- "Eh ouais c'est la bureaucratie bresilienne".
C'est alors que ça dérape: le bouledogue s'emporte et me demande :
- Quoi? Répète ce que tu viens de dire?
- Je disais seulement que c'est la bureaucratie brésilienne
- Vous avez quelque chose contre le Brésil?? Putain! Ils viennent dans ce pays et ils se plaignent!! Mais retournez étudier chez vous bordel!!!
Elle prend mon dossier avec les mains très agitées, visiblement agressive. je commence à voir mon visa me passer sous le nez. J'essaie de réctifier le tir comme je peux :
- Excusez-moi madame, je ne voulais pas vous énerver...
Mais elle continue :
- Merde alors, retournez chez vous si vous êtes pas contents!!!
Elle examine mon dossier minutieusement et tombe sur l'amende que j'ai payée en arrivant pour mon séjour illégal dans le pays.
- C'est quoi cette amende? Vous avez étudier ici sans le visa?
- Non non...
- Vous faisiez quoi?
- ...
- Je vais démarrer une enquête auprès de la Fondation Gétulio Vargas. Si j'apprends que vous avez étudier ici illégalement je vous fais expulser.
- (glup)
Là je commence sérieusement à flipper. Mais le dragon n'en démord pas elle fait tout pour me mettre des bâtons dans les roues. Elle continue en disant qu'elle ne peut pas accepter mon dossier car les photos ne sont pas de la bonne taille. Heureusement je sors mes ciseaux et découpe les petits bords blancs qui la gênent tout en continuant à ramper :
- Madame vraiment excusez moi. Je n'ai rien contre le Brésil, j'essayais simplement de réconforter cette jeune fille...
Elle m'envoie attendre de nouveau dans la salle d'attente. Je reste sur le fil pendant encore une petite heure, ne sachant pas si elle va me distribuer mon visa ou non. Puis finalement, après avoir laisser les empreintes digitaux de tous mes doigts sur 2 documents, elle vient me le donner en personne comme s'il s'agissait d'une faveur princière. J'en profite pour rajouter une couche d'excuses (qu'elle ignore majestueusement). On est jamais trop prudent.
Je sors donc à 11h45 avec le document souhaité. C'était chaud. Dans la file, on en voit environ la moitié qui repart avec le droit de revenir tenter leur chance. Certains parce que l'impression du formulaire n'est pas franchement noire ou parce qu'elle est légèrement striée, d'autres parce qu'il manque des photocopies de pages de passeport, parce qu'ils ont oubliés de payer l'une des taxes, ou (comme moi la première fois) parce qu'ils n'ont pas attendu le dernier jour de leur délai. De quoi sortir frustré et nerveux.
Bon, pour moi cette fois-ci ça passe! Après encore 2 heures d'embouteillages, j'étais de retour chez moi soulagé. Enfin pour cette année, car dans un an ça recommence.
Bravo tienou pour ton abnégation !
RépondreSupprimerMais t'aurais du l'insulter la condé une foi que t'avais le visa ;)
une foiS ... je devrais me relire ...
RépondreSupprimertu t'en sors qu'en même particulièrement bien, lèche bottes.
RépondreSupprimerBisous
LOL!!! Énorme situation et à la fois infâme!! La soumission était de mise afin d'obtenir ton visa!T'as eu chaud aux miches !!! Bien joué l'ami !!
RépondreSupprimerben